Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 15:08

Ouvrir aux enfants malentendants une porte vers le monde de l'art
et vers leur propre expression.

Tout d'abord, présentons-nous: Laurence Verrier, artiste plasticienne et photographe, et Eugénie Curial, artiste vidéaste et plasticienne.
Nous avons décidé, il y a 4 ans, de créer un projet artistique à destination d'enfants malentendants.
Le but de ce projet?
Trouver un langage commun, le langage des arts, au delà du clivage entendants/ malentendants;
permettre à ces enfants de donner forme à leur univers intérieur, et d'aquérir de nouveaux outils d'expression; travailler la rencontre avec soi-même, puis la rencontre avec l'autre par le biais de l'art;
offrir aux enfants un terrain de jeu/ terrain de "je", un espace ludique;
leur apprendre à canaliser leur sensibilité, et à en faire une force créative...

Nous avons rencontré les équipes du centre de rééducation de l'ouie et de la parole Roland Champagnat de Lyon, afin de leur soumettre le projet.
Nous avons été acceuillies avec enthousiasme par ces professionnels en recherche continuelle de nouveaux outils.
Il nous a fallu ensuite deux ans pour trouver les financements de ce projet, et à la rentrée 2007, nous avons commencé les rencontres avec les deux groupes d'enfants
.

Par lau verrier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 10:16

        Pour cette première année, nous avons travaillé avec deux groupes d’enfants malentendants, les enfants de l’un des groupes présentant également des troubles associés sévères.


Ces enfants étaient en filière bimodale, c’est-à-dire langue des signes et oral, mais les situations de chaque enfant étaient très différentes : quelques enfants ont été implantés, d’autres sont appareillés. Certains enfants n’oralisaient pas ou presque pas, d’autres s’exprimaient très bien.
 La plupart des enfants présentaient de gros retards scolaires.

 

Groupe de Condorcet : 9 enfants, le groupe étant la réunion de deux groupes-classe.
Cette organisation a permis aux deux classes de tisser des liens et de communiquer, ainsi qu’aux deux enseignantes de travailler en collaboration étroite.

Intervention une journée complète tous les quinze jours, avec le groupe entier sur la journée et la présence active des deux enseignantes.

 

Groupe d’Olympe de Gouges : 6 enfants accueillis au sein du GEPS, présentant des difficultés familiales et des troubles associés : troubles du comportement  et cognitifs

Intervention une journée tous les quinze jours.
Compte-tenu de la difficulté de ce groupe, nous avons rapidement pris la décision de fonctionner en demi-groupe, l’un sur la mâtinée, et le deuxième sur l’après-midi.


 

                                              
Par lau verrier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 10:35

je me concentre:

Chaque journée commence par un temps de rituel : nous nous retrouvons en cercle et, à tour de rôle, chacun propose un geste, un signe graphique, pictural, une action. Le type d’action est orienté en fonction du programme de la journée.
Ce temps de rituel permet au groupe de se constituer, et à chaque enfant d’être pendant un temps leader du groupe,  valorisé aux yeux de celui-ci et à ses propres yeux
Au fur et à mesure de ces rituels, nous avons constaté un développement de l’écoute entre les enfants, et une implication progressivement plus importante des enfants les plus en retrait.

 
Rencontre avec la terre, je modèle mes pensées, j'exprime mes émotions

            

Je représente un visage
 
          

Par lau verrier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 11:03

Je trace avec mon corps

 en tournant sur moi-même

 Je trace le contour d'un corps, d'une partie de corps

 

Rencontre avec la peinture

      

L'extension de mon corps: les pinceaux géants




 


Par lau verrier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 11:23
                  
 
                  
Par lau verrier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 11:34

Je colle mon univers


     


Je crée cet univers dans l'espace

           

J'habille mon personnage

     

Je danse mon personnage: intervention de Françoise, danseuse de la compagnie Kafig

     

Mon personnage grandeur nature



L'exposition dans l'école:
 

Par lau verrier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 12:48
Découverte d'un matériau: le carton

         
J'expérimente,                               je construis,

 
                                                           Je guide et je me laisse guider

Mon corps est ma maison:

Comment je l'habite, qu'est-ce que j'exprime avec ce corps?

Mon corps et ma maison:

Délimitation de mon espace
 
Construction....
    
J'habite ma maison

L'exposition:
                  Le 18 Mars a eu lieu une exposition à l’intérieur de l’école, exposition à laquelle ont été invités les familles ainsi que les autres classes de l’établissement.

Cette exposition fut l’occasion de prendre du recul et de voir où en étaient les enfants.

A travers la mise en place de cette exposition, les enfants ont pu eux aussi prendre du recul et mieux saisir la cohérence du projet                  L’ouverture de cette exposition aux parents était un point très important : en effet, il est rarissime que les parents se déplacent au sein de l’établissement, et les deux enseignantes se sont fortement impliquées afin que cela soit possible.

8 familles sur les 9 sont venues, ce qui, au regard de l’histoire de l’établissement, est exceptionnel.

Du fait de ce caractère exceptionnel, ce fut un grand moment de valorisation pour les enfants.

   
Le choix qui a été fait est celui de trouver avec chaque enfant quel rôle il pouvait incarner, afin qu’il trouve sa place en fonction de ses centres d’intérêt et en prenant en compte ses difficultés. Certains enfants nous ont surpris dans leur choix ; ainsi de Sid Ali, un enfant présentant de graves difficultés motrices, qui a choisi le rôle de l’acteur, rôle impliquant le corps de manière très forte, et qui s’est dépassé à cette occasion.

  

  Les différents rôles étaient les suivants : le guide, l’acteur, le sculpteur, la peintre, la dessinatrice, le conducteur de bus, le chef du rituel, les photographesChaque enfant a pris en charge la préparation de son rôle : confection du costume, écriture du rôle, répétition, choix des matériaux…
Cette idée de rôle était également un choix artistique, dans la mesure où le projet s’oriente maintenant vers la mise en scène de chacun dans un espace donné.

 



Par lau verrier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 14:16

En 2007, nous avons reçu le prix coup de cœur du public du challenge « les ailes de la Vie », organisé par l’aéroport Saint Exupéry, pour notre projet « regards croisés ».Ce prix comprenait deux billets d’avion pour une destination en rapport avec notre projet. Or, notre projet de départ intégrait la correspondance avec une école étrangère pour enfants malentendants.

Après des recherches approfondies, notre choix s’est porté sur le Québec, très à la pointe en matière de recherche sur la malentendance.

En début d’année scolaire, nous avons pris contact avec l’école oraliste de Québec, qui a accepté avec enthousiasme de nous recevoir.

 

L’école oraliste de Québec accueille 25 enfants entre 3 et 13 ans.

Elle a été ouverte suite à 15 années de recherche théorique et pratique dans le domaine de la surdité.

L’école fonctionne grâce à la fondation Sourdine qui la soutient.

L’équipe éducative est composée d’une quinzaine d’adultes, dont certains à temps partiels.

La filière proposée est cent pour cent oralisante ; au tout début de l’école, il était proposé le français signé plus l’oral, mais l’équipe a vite constaté que les enfants avaient tendance à délaisser l’oral au profit de la lecture labiale. Il a donc été décidé de supprimer le français signé.

Orientation artistique de l’école : musique et théâtre. Ce sont deux enseignantes ayant par ailleurs une longue expérience en ces domaines qui assurent les cours de théâtre et de musique.

Toute la pédagogie de l’école s’appuie sur ces deux disciplines pour travailler l’oral et les difficultés propres à chaque enfant. Cela est possible grâce à une excellente communication entre les adultes, un échange constant.

Les enseignants engagés dans cette école ont l’obligation de poursuivre en parallèle une formation universitaire sur la surdité, et leurs horaires sont aménagés en fonction de cela.

Les enfants sont responsabilisés et valorisés dans leur parcours individuels, et les enseignants poussent les enfants à trouver les réponses par eux-mêmes.

Intégration en école normale : quand un enfant réintègre une école normale, un suivi est maintenu avec l’école oralisante, qui garde également un lien avec la nouvelle équipe pédagogique. Le but de l’école oraliste est de préparer l’intégration en donnant aux enfants un niveau scolaire d’avance ; ainsi, l’enfant a le temps de s’adapter à sa nouvelle école, tout en étant valorisé par son bon niveau scolaire.

Nous avons noté l’excellent niveau oral de la plupart des enfants ; à la différence des groupes avec lesquels nous travaillons, ces enfants sont tous implantés.

 

Notre visite :

 

Nous avons été accueillies chaleureusement par toute l’équipe et par les enfants, et avons pu suivre une journée entière de classe.

Nous avons ainsi assisté à un cours de théâtre, un cours de musique, une séance d’histoire. Nous avons également passé une heure avec un groupe d’enfants qui avaient préparé une liste de questions à nous poser !

Ce groupe nous a proposé de commencer un échange avec l’un de nos groupes par le biais de méls.

 

Les fruits de notre visite :

 

A notre retour, nous avons montré au groupe de Condorcet les films et photographies réalisés, et nous leur avons relaté notre visite. Nous avons également repéré où se trouve le Québec.

Les enfants ont été très étonnés des différences entre les fonctionnements des deux écoles, notamment de l’absence de la langue des signes à Québec.

Ils ont accepté la proposition d’un échange par mél, et le premier message a été préparé avec leur enseignante.

Par lau verrier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 14:31

A partir de tout ce qui a été fait précédemment, les enfants ont créé et incarné un personnage et sa mise en situation.
Des photos ont ensuite été réalisées.

 

 

 
    
 
Par lau verrier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 14:46
Groupe de Condorcet:



Les enfants ont réagi dés le départ très positivement à nos propositions ; ils se sont emparés des outils avec enthousiasme, et ont été particulièrement sensibles aux propositions impliquant le corps

Il a fallu trouver une manière de communiquer avec les enfants les moins oralisants, et trouver un terrain commun malgré la diversité des situations des enfants. Le lien de confiance s’est ainsi établi peu à peu, et est maintenant bien solide.

Il est à souligner que, durant ce temps de travail sur le projet, les relations adultes-enfants sont différentes, en ce sens que durant les exercices, adultes et enfants créent ensemble, dans un rapport d’égalité.Le regard des enseignantes et éducatrices sur les enfants est amené à évoluer ; à travers les outils artistiques, certains enfants se révèlent et sortent de leur mutisme.

Séverine et Elisa, responsables des deux groupes classe, ont eu à cœur de s’impliquer entièrement dés le départ ; durant les deux semaines séparant les séances, le lien avec le projet se maintient et se développe, et ce de plusieurs manières :

-         envoi des photographies réalisées durant les séances aux classes.

-         Travail de reformulation de ce qui a été fait en séance en s’appuyant sur ces photographies

-         Réalisation avec les enfants de panneaux affichés dans les couloirs

-         Insertion dans le cahier de vie du résumé de la séance : lien aux parents.


GROUPE DU GEPS:



  • Dés le départ, nous avons été confrontés à la particularité de ces enfants  présentant de gros troubles du comportement et la plupart du temps de grosses difficultés familiales: rapports de violences physiques entre les enfants et parfois à l’encontre des adultes ; difficulté à mener à terme une activité ; difficulté à intégrer les notions de temps et à suivre des objectifs à moyens ou long termes ; surcharge émotionnelle amenant à des crises violentes ; difficulté à supporter les changements d’emploi du temps et de personnes.

Nous avons donc très vite réajusté notre projet pour ce groupe.

 

  • Nous avons décidé, en concertation avec les équipes éducatives, de séparer le groupe en deux groupes de trois enfants, et de fonctionner sur une demi-journée avec chaque groupe.
  • Nous avons revu nos objectifs, redéfinissant ces objectifs sur le court et moyen terme.
  • Ainsi, le projet garde la même ligne directrice avec les deux groupes, tout en s’adaptant à la spécificité et aux capacités de chacun des groupes.
  • Peu à peu, nous avons appris à connaitre chaque enfant, et à lui faire des propositions personnalisées. Le fait de cerner les centres d’intérêt de chacun a été décisif dans cette personnalisation.
  • Nous avons de plus constaté que ces enfants ont peu développé leur univers intérieur ; ce constat nous a donc amené à travailler cet univers à travers les arts plastiques, l’installation et la mise en scène : choix d’images en vue de collages, créations d’espaces individualisés à l’aide du matériau papier, création de personnages et de costumes, développement d’une gestuelle propre à chaque enfant à travers la danse.
  • Les enfants ont répondus très favorablement aux propositions impliquant le corps de manière forte et utilisant des matériaux comme le carton, le papier grand format en vue de constructions en 3D.
  • La venue de Françoise, danseuse de la compagnie Käfig, a permis de travailler le rapport au corps à travers la gestuelle ; les enfants ont ainsi pu expérimenter, à travers des mouvements proches de la danse hip-hop, les capacités expressives de leur corps, et ressentir comment ils pouvaient canaliser leur énergie, qui souvent les dépasse, au point de s’exprimer à travers la violence.
  • Anne et Corinne, enseignante et éducatrice du groupe, ont-elles aussi assuré le suivi du projet entre les séances, en s’appuyant sur les photos réalisées durant les séances, et en réalisant des panneaux avec les enfants.
  • Pour aider les enfants à comprendre la cohérence du projet et à maintenir le fil mental du suivi du projet, nous utilisons également le support vidéo, afin de monter en début de séance ce qui a été fait la séance précédente.
  • En tant qu’adulte intervenant auprès de ces enfants, il est difficile de se rendre compte du chemin parcouru avec eux, de définir ce qui se construit en eux ; la moindre perturbation, et le vécu souvent très lourd dans le cadre familial, peuvent suffire à perturber un enfant ou le groupe entier, ces enfants étant hyper réceptifs les uns aux autres.
  • Chaque graine semée est cependant importante, chaque réussite si minime semble-t-elle est précieuse. Voir un enfant comme le petit Adème enfiler son costume avec plaisir et danser à corps perdu avec un sourire jusqu’aux oreilles fait partie de ces moments nourrissants, qui donnent envie de continuer.

 

 

 

 

Par lau verrier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Créer un Blog

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus