Vendredi 10 avril 2009
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En 2007, nous avons reçu le prix coup de cœur du public du challenge « les ailes de la Vie »,
organisé par l’aéroport Saint Exupéry, pour notre projet « regards croisés ».Ce prix comprenait deux billets d’avion pour une destination en rapport avec notre projet. Or, notre projet
de départ intégrait la correspondance avec une école étrangère pour enfants malentendants.
Après des recherches approfondies, notre choix s’est porté sur le Québec, très à la pointe en matière de
recherche sur la malentendance.
En début d’année scolaire, nous avons pris contact avec l’école oraliste de Québec, qui a accepté avec
enthousiasme de nous recevoir.
L’école oraliste de Québec accueille 25 enfants entre 3 et 13 ans.
Elle a été ouverte suite à 15 années de recherche théorique et pratique dans le domaine de la
surdité.
L’école fonctionne grâce à la fondation Sourdine qui la soutient.
L’équipe éducative est composée d’une quinzaine d’adultes, dont certains à temps partiels.
La filière proposée est cent pour cent oralisante ; au tout début de l’école, il était proposé le
français signé plus l’oral, mais l’équipe a vite constaté que les enfants avaient tendance à délaisser l’oral au profit de la lecture labiale. Il a donc été décidé de supprimer le français
signé.
Orientation artistique de l’école : musique et théâtre. Ce sont deux enseignantes ayant par ailleurs une
longue expérience en ces domaines qui assurent les cours de théâtre et de musique.
Toute la pédagogie de l’école s’appuie sur ces deux disciplines pour travailler l’oral et les difficultés
propres à chaque enfant. Cela est possible grâce à une excellente communication entre les adultes, un échange constant.
Les enseignants engagés dans cette école ont l’obligation de poursuivre en parallèle une formation
universitaire sur la surdité, et leurs horaires sont aménagés en fonction de cela.
Les enfants sont responsabilisés et valorisés dans leur parcours individuels, et les enseignants poussent les
enfants à trouver les réponses par eux-mêmes.
Intégration en école normale : quand un enfant réintègre une école normale, un suivi est maintenu avec
l’école oralisante, qui garde également un lien avec la nouvelle équipe pédagogique. Le but de l’école oraliste est de préparer l’intégration en donnant aux enfants un niveau scolaire
d’avance ; ainsi, l’enfant a le temps de s’adapter à sa nouvelle école, tout en étant valorisé par son bon niveau scolaire.
Nous avons noté l’excellent niveau oral de la plupart des enfants ; à la différence des groupes avec
lesquels nous travaillons, ces enfants sont tous implantés.
Notre visite :
Nous avons été accueillies chaleureusement par toute l’équipe et par les enfants, et avons pu suivre une
journée entière de classe.
Nous avons ainsi assisté à un cours de théâtre, un cours de musique, une séance d’histoire. Nous avons
également passé une heure avec un groupe d’enfants qui avaient préparé une liste de questions à nous poser !
Ce groupe nous a proposé de commencer un échange avec l’un de nos groupes par le biais de méls.
Les fruits de notre visite :
A notre retour, nous avons montré au groupe de Condorcet les films et photographies réalisés, et nous leur
avons relaté notre visite. Nous avons également repéré où se trouve le Québec.
Les enfants ont été très étonnés des différences entre les fonctionnements des deux écoles, notamment de
l’absence de la langue des signes à Québec.
Ils ont accepté la proposition d’un échange par mél, et le premier message a été préparé avec leur
enseignante.